Du bazar dans le cassoulet

Publié le par Francis Delabre

Vendredi 5 mars. 17 h 35. Le train à grande vitesse arrive à l’heure. Un bon présage. Ils descendent avec trois mallettes : accordéon, tambour et tambourin. Pas de valises ou de sac ?, demandé-je. Laurent ouvre sa mallette. Devant les touches de l’accordéon, il y a une brosse à dents, un slip et une paire de chaussettes. C’est vrai, ils ne sont là que pour deux jours.

Dans la voiture, ils me demandent de leur parler un peu de cette histoire de Capenoules. C’est la première fois qu’ils viennent dans le Nord. On arrive chez François, au Lyautey, là où ils vont jouer et rencontrer Gérard Buisine et sa bande Viv’ment demain. Ils ont faim, pensez, 7 heures de train, mais le repas n’est pas prêt. Il veulent goûter la bière, François leur sert une Rince-Cochon (8°5) et je les emmène à l’Enfarcé voir le film « La chanson de Raoul ». 50 minutes après on s’envoie une 3 Moulins (8°5) au bar, et ils me disent ça va, on a tout compris. Les gens du Nord ne sont pas pareils que nous. C’est génial. On va pouvoir se coudoyer. On va s’enrichir.

C’est que demain, il y a une table ronde  avec eux, Du Bartàs, les occitans du Minervois, avec Paulino des Prouts de Dunkerque, avec Effi Pezzota, chanteuse italiano-lilloise bien connue et Gérard Buisine chanteur lillois de Viv’ment demain.

Après une belle soirée au Lyautey, le lendemain donc. 11 h 30. Hommage à Marco Slinckaert, grand artiste et Capenoule aujourd’hui devant l’éternel). Petite foule devant sa sculpture,IMGP1431IMGP1411
au centre de la place de la Fraternité, le Serpent, comme l’appellent les lillois. Sous l’œil intrigué des passants et d’un car de flics, Jacques Bonnaffé arrive sur son vélo et fait quatre fois le tour du rond point avant de pouvoir s’arrêter.
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Gérard Buisine à la guitare et Didier Demarcq à l’accordéon attaquent « La p’tite pinte », le succès de Marco.
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Puis Bonnaffé envoie « Min canari ». On rigole et on court se réchauffer dans le premier bistrot.
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Du Bartàs
nous fait le plaisir de quelques chansons occitanes.

16 h. Table ronde à l’Enfarcé. Hélène Hannon, à ma demande, attaque sur le terrain de la fête. Dans le nord, dans le sud. Très vite tout glisse sur les langues, les patois, les diversités, les particularités, les richesses, les nuances… vous avez dit identité nationale ? laissez-moi rigoler, en une bonne heure la table fait le tour de ce vaste sujet, déshabillant les costards à paillettes pour mieux retrouver le plancher des vaches. Merci les amis ! l’apéro n’en fut que meilleur, et le coq à la bière-frites de Bolane et François que plus savoureux.

19 h. Grande salle de la maison Folie. Les gens qui ont eu la présence d’esprit de réserver arrivent à l’heure au rendez-vous. A notre grand regret nous allons devoir refuser beaucoup de monde. Une salle trois fois plus grande aurait fait l’affaire.
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Des grandes tables attendent le public pour ce mémorable coq à la bière, sous les flonflons de Viv’ment demain qui prend un malin plaisir de rafraîchir la mémoire des bonnes chansons françaises. 21 h 30. Du Bartàs monte sur scène. Après un moment de surprise
comment font-ils ça avec trois malheureuses petites percussions ? le public se lève lorsque Laurent se met à l’accordéon.
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C’est la folie (ne sommes-nous pas dans la maison du même nom ?) jusqu’aux alentours de minuit. J’annonce que mes potes du Minervois avaient tellement envie de venir rencontrer les gens du Nord, qu’ils l’ont fait gratuitement. En effet, je n’avais plus de budget pour eux. Alors qu’ils vendent leur disque, je me permets de faire passer un chapeau. Lorsque que je le remets à Laurent, il y a très peu de pièces, et beaucoup de billets. Merci les gens du Nord. Merci Du Bartàs. Encore une soirée, avec celle de William Schotte et Sonia Rékis, qui restera dans nos cœurs.
(Toutes les photos sont de Claude Harchin)
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