Train 9832, voiture 01, place 69

Publié le par Francis Delabre

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J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle.

Suivant la coutume, je commence par la mauvaise : l’Enfarcé est définitivement fermé. C’est tant pis pour ceusses qui ne sont pas venus, et c’est triste pour ceusses qui croyaient que je m’y étais installé comme pour rester. La vie est ainsi faite, un enfilage de perles. Un jour ici, un jour là-bas. L’important est de ne pas trop tirer sur le fil, sinon tes perles tu peux en faire ton deuil. Je m’installe, tu viens, je repars, tu t’éloignes, je m’avance, tu recules, comment veux-tu. Ben oui, ma bonne dame, si l’on n’est que de passage sur le plancher des vaches, ce grand passage n’est fait que de petits. Mais chaque départ, s’il est la petite mort d’une chose faite, est une nouvelle naissance dans l’inconnu de ce qui reste à faire.

Allez, j’arrête là ma philosophie à deux-trois balles. Juste vous dire l’immense plaisir de cette résidence à la maison Folie de Moulins, et de tous les cadeaux humains que j’ai reçu. Et vous annoncer ici la bonne nouvelle : comme j’étais en résidence surveillée, les autorités autorisées motorisées me remettent dans un charter vers le sud ce jeudi à midi. Je vais donc pouvoir reprendre en terre minervoise auprès des miens les quelques kilos perdus sur la terre moulinoise avec vous.

Sinon, la dernière table ronde s’est déroulée de la plus belle façon. Haute en couleur. Il y avait là, comme prévu et comme dignes héritiers des Capenoules, Franck, de Marcel et son Orchestre, Mourad, de La Rue Kétanou, Karim et Loraine de Mon côté punk, plus un invité surprise, notre bon Jef Kino. Animée par Agnès Delbarre, Effi Pezzotta, Hélène Hanon et Luc Hossepied.
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Loraine et Karim de Mon côté punk, Franck de Marcel et son orchestre, Mourad de La rue Kétanou, Jef Kino, Luc Hossepied, Effi, Agnès Delbarre, Hélène Hannon, Frédé Delbarre (Photo Claude Harchin)
Après une bonne heure de débats, la conclusion vint du public, lorsque qu’un Monsieur très propre sur lui a demandé pourquoi il n’y avait plus, aujourd’hui, une relève « pur Capenoule ». J’ai alors dit que dans la pièce à côté, il y avait une bonne dizaine de jeunes qui étaient en train d’écrire des nouvelles chansons capenoules, avec l’aide de Nono Van Lancker, Gilles Defacques, Fred Tétaert et Elisabeth Légillon. Aux dires de ces jeunes, qui en étaient à leur deuxième et dernier atelier de quatre heures, une vraie « Master class ». Un truc qui commençait à leur foutre les pétoches, car le lendemain, lors du grand bal de clôture, ils allaient devoir monter sur la scène de la Salle Courmont.  
Lors du pot de fin de résidence qui a suivi, Mourad et Karim ont pris leur guitares et nous ont envoyé quelques chansons bien placées.
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Mourad et Karim (Photo Claude Harchin)
Après quelques chopes, l’idée a germé d’un éventuel concert entièrement capenoule des trois groupes. A suivre donc. Ensuite, lorsque fûts de bière et bouteilles furent vides (il le fallait, c’était comme déjà dit la fermeture définitive de l’Enfarcé), le couscous de chez Momo, place Casquette, digne d’un grand gueuleton, nous réconcilia définitivement avec la belle vie.

Le bal du lendemain « Chez Raoul » acheva (pour un temps) cette histoire de dingue. Pas loin de 300 personnes, beaucoup ayant revêtu les grandes tenues, costumes trois pièces, robes et hauts talons. Eul’ grind Orquesse des Tire-Noules, 7 musiciens du Tire-Laine, dont Nono et Fred, a lâché la purée dès 15 heures.
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Vers 16, alors qu’il fallait déjà compter 8mn37 d’attente au bar avant d’être servi, Effi et Nono nous ont offert L’accordéonneux. Les poils se sont dressés et les larmes ont coulé. Puis vint le tour des Capenoules en herbe, morts de trouille, qui ont finalement, chacun leur tour, fait une magnifique prestation, close par Gilles Defacque, qui nous a interprété la sienne : Fesse Bouque.
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Et le bal a repris, pour nous faire faire le tour du monde jusque 19 heures. Dans la nuit, il restait une petite vingtaine de survivants affamés. Nous avions le choix entre L’Huitrière ou une moules-frites à la gare. Le choix a été vite fait : fidèles aux Capenoules, c’est la gare qui a gagné. Œufs à la russe, fricadelles-œufs à cheval frites, bière. Je me suis alors souvenu que le matin même j’étais au Salon du Livre de Bondues. Après un forum et la désormais traditionnelle séance de dédicaces, invités par le Furet du Nord, nous nous sommes dirigés vers la salle de restaurant. Il fallait sortir, emprunter une allée bordée d’arbres. Souvenez-vous, ce jour-là était aussi le premier tour des régionales. Bref, pour manger c’était derrière le Salon, dans le gymnase coupé en deux, un côté pour la bonne chair, un côté pour le vote. Je rappelle pour ceux qui ne suivent pas que nous sommes à Bondues, une des communes les plus riches de France. Un vigile m’arrête et me demande : « C’est pour manger ou pour voter ? ». Manger, que je lui dit. « Alors c’est à gauche ». Donc, pour voter, c’est à droite ?

Canard farci et profiteroles ont suivi.

Vous avez dit farci ?
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Je vous embrasse toutes et tous tendrement.
(Toutes les autres photos sont de Michel Spingler) 
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eun lilloise 18/03/2010 18:24


Et voilà une chuche murette et un’3 monts, v’là résultat après les capenoules :
Y aurait-il que le côté grivois qui fait rire…
Et bin c’est triste parc’qu’à ch’t’heure y n’as plus de
l’ grivoiserie…
J’met d’côté l’sarcasme, eul rire qui pique, l’acide ch’ti qui est comme une plaie, une vrai glue…
Qui n’apporte que des ulcères, voire pire : un sensible qui joue au méchant pour s’protéger c’est comme un gardien d’prison qui bat son monde, en disant j’suis obligé… j’peux pas m’apitoyer…sinon
j’peux plus faire mon métier, faut bien marquer les différences, même si on est dans l’même galère.
J’dis bien grivois, c’est pas du paillard ; chtilal c’est comme le rire acide, ch’ti qui en fait y s’cache derrière. Y veut s’exorbiter.
L’grivois c’est mimi . C’est ch’ti qui nuance les rires. Mon oncle y cante eun capenoule, « tout ch’ti qui pisse » haut, fort, au moment l’plus silencieux d’la fête, au digestif. C’est
tonitruant d’un coup à en faire sortir les zoziaux de l’ cage. Ca réveille les mômes, ça fait glousser les dames, quand au gars c’est entre rire franc rire gêné. Ca réagit et ça cante.
Ca c’est de l’fête, ça c’est de l’ vie. Ca fait des souvenirs. Même si c’est plein de fantômes, au moins y s’marrent.
Ma cousine ça lui plait pas. Ca doit pas faire chic dans la belle famille, et ça titillle le féminisme.
Va savoir, à s’tiête j’ai pas trop insisté. A moins que les fantômes ça la fait pas rire. Pourtant cheto tous des bons vivants. Mi j’m’en souviens et j‘les salue tertous. Alors ça s’ro bin qu’y
n’ai encore des canchons qui s’cantent dans les familles. Rien qu’pour vir toutes les diversités. Vir à qui on a affaire aussi. Pour faire remuer sa p’tite cellule familial. Sin reflet. 


benoit 18/03/2010 18:18


Des journées comme des péplums! A n'en pas revenir. Faudra tout de même (r)asseoir le fond de cette histoire, non?